Guide
Comment faire une facture : la marche à suivre
Émettre une facture tient en six opérations. La difficulté n’est pas la première, c’est de tenir les six à chaque fois.
1. Réunir les informations avant d’ouvrir le document
L’essentiel du temps passé sur une facture se perd à chercher des données qu’on aurait dû avoir sous la main. Avant de commencer, rassemblez l’identité complète du client — dénomination, adresse de facturation, et son numéro de TVA intracommunautaire s’il s’agit d’un professionnel —, le détail de ce qui a été livré ou réalisé, et les conditions convenues : prix, délai de paiement, acompte éventuel déjà versé.
Si un devis a été accepté, tout est déjà là. C’est la raison pour laquelle la conversion d’un devis en facture fait gagner bien plus que le temps de saisie : elle supprime l’étape où l’on se trompe.
2. Attribuer un numéro, et ne jamais y revenir
C’est la règle la plus stricte et la plus souvent enfreinte. Les factures doivent se suivre dans une séquence chronologique continue, sans trou ni doublon. Vous pouvez adopter un préfixe par année ou par série — 2026-001, 2026-002 — à condition que la continuité soit respectée à l’intérieur de chaque série.
Une facture annulée ne se supprime pas : son numéro reste consommé, et l’annulation passe par un avoir. Un compteur tenu par le logiciel évite l’essentiel de ces accidents ; une numérotation saisie à la main les rend inévitables à moyen terme.
3. Porter les mentions obligatoires
Une facture incomplète peut être refusée par le client, faire échec à la déduction de la TVA par l’acheteur et exposer l’émetteur à une sanction. En pratique, le premier effet visible est plus prosaïque : le paiement attend la régularisation.
- La date d’émission et le numéro de la facture.
- L’identité complète de l’émetteur et celle du client.
- La désignation précise de chaque produit ou prestation, sa quantité et son prix unitaire hors taxes.
- Le taux de TVA par ligne, le total hors taxes, le montant de TVA et le total toutes taxes comprises.
- La date ou le délai de règlement, les conditions d’escompte, le taux des pénalités de retard.
- L’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, due entre professionnels.
Le détail poste par poste, y compris les mentions particulières — franchise en base, autoliquidation, assurance professionnelle du bâtiment — figure dans le guide consacré aux mentions obligatoires.
4. Décrire ce qui a réellement été fait
« Prestation de services » comme seule désignation est la cause la plus fréquente de contestation, et la plus facile à éviter. Nommez l’objet, la quantité dans son unité — heures, jours, mètres, pièces — et le prix unitaire. Une ligne compréhensible six mois plus tard protège autant l’émetteur que le client.
Si votre activité repose sur des prestations récurrentes, un catalogue vous évite de les redécrire à chaque fois, et surtout de les décrire différemment d’une facture à l’autre.
5. Envoyer, et noter que c’est envoyé
Une facture émise mais non transmise n’existe pas pour le client. Envoyez-la sans attendre la fin du mois : le délai de paiement court à partir de la date convenue, pas de celle où vous vous en souvenez. Conservez une trace de l’envoi.
À mesure que la réforme de la facturation électronique s’applique, cet envoi change de nature pour les échanges entre entreprises assujetties à la TVA en France : la facture ne circule plus directement d’une entreprise à l’autre, elle transite par une plateforme agréée.
6. Suivre le règlement, puis conserver
C’est l’étape que l’on abandonne en premier, et celle qui coûte le plus cher. Savoir quelles factures restent dues, depuis combien de temps, et lesquelles n’ont été réglées qu’en partie, suppose de tenir le suivi au moment de l’encaissement — pas de le reconstituer à la fin du trimestre.
Les factures se conservent ensuite dix ans. Vérifiez que vous pouvez, à tout moment, ressortir vos documents de l’outil que vous utilisez : c’est la garantie qui compte le jour où vous en changez.
Questions fréquentes
Peut-on faire une facture sur Word ou Excel ?
Rien ne l’interdit, et beaucoup commencent ainsi. La difficulté n’est pas de produire le document, c’est de tenir la série : un tableur ne vous empêchera pas de réutiliser un numéro, d’en sauter un, ni d’oublier qu’une facture n’a jamais été réglée. C’est généralement la première facture impayée qu’on n’a pas vue passer qui décide du changement.
Faut-il envoyer la facture en PDF ?
Aujourd’hui, oui : le PDF est le format d’usage entre professionnels comme avec les particuliers. Cela change pour les échanges entre entreprises assujetties à la TVA en France, où la facture devra transiter par une plateforme agréée à mesure que la réforme s’applique.
Combien de temps faut-il conserver une facture ?
Les factures se conservent dix ans au titre des obligations comptables. C’est une raison suffisante pour préférer un outil dont vous pouvez ressortir vos documents sans dépendre de personne.
Peut-on modifier une facture déjà envoyée ?
Non. Une facture émise ne se corrige pas en la réécrivant : on émet une facture d’avoir, qui annule tout ou partie de la précédente, puis le cas échéant une nouvelle facture. C’est ce qui préserve la continuité de la numérotation.
À lire ensuite
Votre prochain devis peut partir aujourd’hui
Création de compte en deux minutes, sans carte bancaire. L’offre Micro est gratuite, sans limite de durée.
